Ces palais, ces villas, sont peuplés de fantômes. L'Italie accueille depuis toujours tout ce que de prudes sigisbées, un tantinet voyeurs, comme Henry James ou Stendhal y ont imaginé de senteurs louches, d'émois, de délits. Comment visiter ces palais sans songer à Rainer Maria Rilke ou Richard Wagner ? Et comment ne pas deviner dans leur sillage que le jeu ici consiste non pas à se trouver mais à se perdre ?

Depuis des siècles, les légendes façonnent ici tous les caprices et, l'on sait que, certaines nuits, aux heures de la lune, les ébats des tritons et des sirènes se confondent avec les jeux des Princes et les frasques des Contessa.

Et parmi des conciles d'anges, sous des plafonds bruissants de chérubins grimés en Hercule, on hésitait entre la dague et la lyre tout en caressant la mitre du vieil oncle amoureux des arts. On parlait la langue d'Arioste et du Tasse, sans craindre pour autant de s'encanailler dans les ruelles et les bouges. Cela s'est appelé la Renaissance, moment ou l'Italie découvrait sa vérité propre.